|| Écrit par Kevin H. Touchette

Il y a de nombreuses percées dans les domaines des technologies de l’information, des communications mobiles et de la robotique. Grâce à celles-ci, les technologies numériques amènent les entreprises à connaître de véritables changements. Ces derniers ont des conséquences considérables sur leur compétitivité, leur productivité, leurs investissements et le développement des compétences des employés. Avec Industrie 4.0, les PME manufacturières du Québec font face à une nouvelle révolution industrielle imposant de nouveaux défis.

QU’EST-CE QUE INDUSTRIE 4.0 ?

Industrie 4.0, également appelée quatrième révolution industrielle, a été développée par le gouvernement allemand. Elle avait pour objectif de gagner et de maintenir un avantage compétitif mondial chez les entreprises manufacturières. Cette révolution se caractérise par une automatisation intelligente et une intégration de nouvelles technologies à la chaîne de valeur de l’organisation. Elle consiste à surveiller et contrôler en temps réel vos équipements en installant des capteurs à chaque étape du processus de production.

La technologie vous permet d’avoir à l’œil votre production, ce qui permet d’améliorer la qualité de vos produits. Elle vous aide également à réduire – voire éliminer – les temps d’arrêt. Les données de votre équipement vous avertissent lorsqu’il faut procéder à l’entretien des machines. Elles peuvent également vous signaler les pannes imminentes. Les nouvelles usines intelligentes se caractérisent par une communication continue et instantanée entre les différents outils et postes de travail intégrés dans les chaînes de production et d’approvisionnement.

Tout comme la mécanisation, l’électrification, l’automatisation et la mondialisation qui l’ont précédée, cette révolution promet d’avoir un impact remarquable sur la façon dont nous produisons et vendons des biens. Elle s’intègre au cœur des processus industriels.

LES PRINCIPAUX DÉFIS

La connectivité des données et des objets est la composante déterminante de Industrie 4.0. Connectivité des logiciels, des équipements, des données, données massives à traiter et cybersécurité. Ce sont tous des éléments essentiels qui permettent de créer de l’intelligence dans un système manufacturier. Un système capable d’une plus grande adaptabilité dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources.

Mais les défis auxquels font face les entreprises avec l’arrivée de Industrie 4.0 sont nombreux. Les principaux sont :

  • Les nouvelles compétences requises;
  • La sécurité des données;
  • Les besoins en investissements.

DÉFI 1 : LES NOUVELLES COMPÉTENCES REQUISES

Afin de réussir la transition vers Industrie 4.0, l’entreprise manufacturière doit examiner les nouvelles compétences qui sont requises. Elle doit, conjointement à ces aptitudes, approfondir le besoin en personnel qualifié. L’enjeu majeur auquel fait face l’entreprise est de former les employés et de recruter de nouvelles ressources. Il s’agit de trouver l’approche la plus adéquate pour que l’entreprise réussisse à reconfigurer sa chaîne de valeur et qu’elle préserve/construise ses avantages concurrentiels.

Les compagnies allemandes ont décidé de mettre l’accent sur la formation continue de leurs employés. Former les ressources à l’interne est une approche beaucoup plus accessible pour amorcer la transition vers Industrie 4.0. Cependant, cela n’est pas suffisant pour réussir l’implantation de l’usine du futur. Des études menées en Allemagne et aux États-Unis ont démontré que chez la grande majorité des employés industriels, les compétences requises pour Industrie 4.0 ne sont pas présentes. Le Québec fait face au même constat.

DÉFI 2 : LA SÉCURITÉ DES DONNÉES

La sécurité des données est une préoccupation pour l’ensemble des entreprises qui ont décidé de passer à Industrie 4.0. La multiplication des données et des systèmes dans l’entreprise fait ressortir l’importance de l’aspect sécurité informatique. Lorsque les technologies étaient connectées sur le réseau interne et centralisées dans un même bâtiment, sécuriser le tout était plus facile. La venue d’une multitude d’objets connectés, impose mIndustrie 4.0 - Révolution Industrielleaintenant la gestion de la cybersécurité pour l’infrastructure informatique de l’entreprise.

DÉFI 3 : LES BESOINS EN INVESTISSEMENT

Les PME manufacturières doivent faire d’importants investissements, allant de 7 % à 9 % de leur chiffre d’affaires, pour intégrer de nouvelles technologies numériques. Ainsi, l’élaboration d’une stratégie Industrie 4.0 et d’un plan numérique est un incontournable au sein des PME. C’est ainsi qu’elles pourront prendre de meilleures décisions en matière d’investissements pour l’acquisition et l’intégration de nouvelles technologies.

Le plan numérique doit être enchâssé dans la planification stratégique de l’organisation. Il aura pour objectifs d’optimiser les outils actuels, de dresser le plan d’acquisition des technologies futures et d’en assurer la cohésion et l’intégration. Tout cela en tenant compte du modèle d’affaires.

C’EST LE MOMENT D’AGIR!

En conclusion, le concept Industrie 4.0 correspond à une nouvelle façon d’organiser les moyens de production. L’objectif est la mise en place d’usines dites intelligentes pour répondre plus rapidement au marché, d’une façon personnalisée et à moindre coût. Une forte culture d’amélioration continue sera sans conteste un atout en vue de cette transformation.

Industrie 4.0, c’est se donner l’infrastructure et les moyens pour innover, être compétitif et prospérer. Considérant la transformation déjà en marche en Allemagne, en France, aux États-Unis, en Chine et au Brésil, il est impératif que les entreprises manufacturières québécoises prennent le virage numérique afin de regagner une place dynamique dans l’économie.

SOURCE

Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec (MESI) – Espace Conseils PME
Gouvernement du Québec, Plan d’action en économie numérique, 2016, 77 p.
Banque de développement du Canada (BDC)
Max Blanchet, Industrie 4.0, Nouvelle donne industrielle, nouveau modèle économique.