L'industrie de l'aluminium au Canada - The aluminium industry in Canada

|| Écrit par Kevin H. Touchette

L’industrie de l’aluminium est un important secteur manufacturier au Canada. Elle compte dix usines d’aluminium de première fusion, une en Colombie-Britannique et neuf au Québec. Avec près de 6 % de la production mondiale, le Canada se situe au quatrième rang des producteurs mondiaux après la Chine, le Moyen-Orient et la Russie.

Elle est née au Canada en 1901 et a connu depuis, une progression fulgurante. Son histoire est intimement liée à celle de certaines régions. Le Centre-du-Québec, Le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord au Québec, ainsi que la région de Kitimat en Colombie-Britannique doivent en grande partie leur développement social et économique rapide à la construction d’alumineries.

MOTEUR ÉCONOMIQUE RÉGIONAL

La notoriété mondiale du Québec en ce qui a trait à l’aluminium s’appuie sur la présence sur son territoire des producteurs primaires de classe mondiale que sont Alcoa, Rio Tinto et Alouette. Leurs huit alumineries québécoises produisent 2,9 millions de tonnes d’aluminium primaire, représentant 60 % de la capacité nord-américaine.

Ces trois producteurs ont concentré leurs activités en région, notamment sur la Côte-Nord. Des milliers d’emplois en découlent et ces sociétés procurent des occasions d’affaires importantes aux centaines d’entreprises qui gravitent dans leur sillage, et ce, tant en amont (les fournisseurs) qu’en aval (secteur de la transformation).

L’ALUMINIUM, UN MÉTAL ÉCOLOGIQUE

Les études portant sur le cycle de vie de l’aluminium confirment que l’industrie a réalisé d’énormes progrès en ce qui a trait à l’efficacité énergétique et à la réduction des émissions de CO2, sans compter les possibilités presque infinies de recycler ce métal.

Ce matériau est le choix tout désigné des donneurs d’ordres qui se préoccupent d’environnement et de développement durable. Sa légèreté alliée à sa robustesse améliore l’efficacité énergétique du matériel roulant, tandis que sa longévité diminue le coût total de possession des infrastructures qui l’intègrent. L’aluminium usagé n’est pas un déchet, c’est une matière première, une richesse à exploiter.

CARACTÉRISTIQUES

L’invention du procédé d’électrolyse de l’alumine en aluminium par Hall et Héroult remonte à 1886. Au Canada, l’aluminium a cent ans et il possède toujours des propriétés intéressantes pour plusieurs domaines d’application:

  • Résistance à la corrosion dans plusieurs milieux
  • Légèreté (plus léger que le verre et l’acier)
  • Excellente conductivité thermique et électrique
  • Durabilité et souplesse
  • Facilité de recyclage et coût abordable

Ces caractéristiques en font un métal dont l’usage est appelé à augmenter, un matériau dont le potentiel de croissance est considérable. L’offre de services québécoise en matière de transformation de l’aluminium répond à tous les besoins des entreprises manufacturières qui désirent intégrer le métal gris à leurs produits ou procédés de fabrication.

L’aluminium est disponible en abondance au Québec grâce aux huit alumineries et aux nombreux recycleurs qui offrent toute la gamme des alliages. Des centaines de transformateurs façonnent ensuite le métal pour l’adapter aux besoins des donneurs d’ordres et des clients-utilisateurs. Des procédés de mise en forme comme l’extrusion, la forge ou la fonderie façonnent le métal selon la forme à obtenir. L’aluminium transformé peut ensuite être usiné, découpé avec précision et plié dans toutes les formes. Il est aussi possible de traiter sa surface et d’assembler plusieurs pièces pour créer des structures de toutes les dimensions.

UNE FONCTION DANS TOUS LES DOMAINES

Depuis le début des années 1960, la production mondiale d’aluminium augmente d’un million de tonnes tous les vingt mois, ce qui confirme l’intégration de ce métal dans nos habitudes de vie. Effectivement, l’aluminium a depuis longtemps sa place dans le domaine des produits d’emballage, ainsi que le prouve l’utilisation régulière des canettes de boissons gazeuses ou de bières, les assiettes ou encore le fameux papier d’aluminium. Le domaine de la construction emploie également beaucoup d’alliages de ce métal, que ce soit pour les revêtements extérieurs ou pour les structures.

En raison de ses qualités de légèreté et de durabilité, l’aluminium est aussi très utilisé dans l’industrie des transports tant terrestres que maritimes ou aériens. En fait, partout où ses caractéristiques seront des propriétés intéressantes, l’aluminium continuera à faire sa place. À titre d’exemple, le monde de l’aérospatiale utilise déjà des alliages spéciaux. Par ailleurs, en électricité et en électronique, les propriétés de conductivité de l’aluminium sont très appréciées.

 

PRINCIPAUX ACTEURS DE L’INDUSTRIE

Rio Tinto possède au Canada six usines d’aluminium de première fusion au Québec et en Colombie-Britannique, ainsi qu’une usine d’alumine au Québec et une usine de calcination du coke en Alberta. Rio Tinto détient également 40 % des intérêts de l’aluminerie Alouette à Sept-Îles et 25 % de l’aluminerie de Bécancour (Alcoa), toutes deux situées au Québec. Le siège social mondial est situé à Montréal.

Au Canada, en plus de la production d’aluminium de première fusion des alumineries de Baie-Comeau, Deschambault et Bécancour (ABI), Alcoa exploite des usines de transformation qui servent l’industrie de l’aérospatiale, de l’automobile et de la construction. Ses établissements et usines sont principalement situés au Québec, en Ontario et en Alberta. L’entreprise emploie plus de 3 000 personnes.

Aluminerie Alouette, avec ses quelques 1 000 employés, produit annuellement à son usine de Sept-Îles, au Québec, 600 000 tonnes métriques, ce qui en fait l’usine la plus importante des Amériques. Grâce à ses pratiques innovantes, dont l’implantation de la technologie AP40LE, Aluminerie Alouette est une usine assurément moderne et tournée vers l’avenir. Comme entreprise souscrivant au développement durable, Aluminerie Alouette maintient de hauts standards de santé, de sécurité et d’environnement de façon à être reconnue comme un employeur et un citoyen corporatif responsable. 

RÉSUMÉ DE L’INDUSTRIE

  • Le Québec compte 9 alumineries, lesquelles ont une capacité de production de 2,8 millions de tonnes d’aluminium en 2015.
  • Le Canada est le 4producteur mondial d’aluminium primaire, et près de 90 % de l’aluminium canadien est produit au Québec.
  • L’industrie de l’aluminium génère près de 10 000 emplois directs dans le domaine de la production d’aluminium primaire au Québec et 20 000 autres emplois liés à la filière.
  • L’expertise des équipementiers et des fournisseurs spécialisés, dont les firmes d’ingénierie québécoises, est reconnue mondialement.
  • Les 2/3 de la production québécoise d’aluminium primaire sont issus des régions de la Côte-Nord et du Saguenay−Lac-Saint-Jean.
  • Plusieurs centres de recherche publics et privés de calibre mondial sont présents au Québec.
  • L’aluminium est une industrie mondialisée et les produits d’aluminium sont au cœur d’un important commerce international. 

 

Les alumineries du Canada font face à des enjeux et une concurrence internationale accrue sur le plan de la production d’aluminium primaire et de la transformation. Afin de demeurer les chefs de file de cette industrie, les entreprises canadiennes et québécoises ont entrepris au cours des dernières années d’atteindre l’excellence opérationnelle grâce à des investissements majeurs dans les technologies les plus performantes ainsi qu’avec l’application des meilleures pratiques manufacturière au monde, telle que le LEAN Manufacturing.

SOURCE

Aluminerie Alouette
AluQuébec – Grappe de l’aluminium
Association de l’Aluminium du Canada
Ministère de l’Économie, de la Science et de l’Innovation (MESI) – Québec
Stratégie Québécoise de Développement de l’Aluminium (SQDA) 2015-2025